L'astragale

Télécharger L'astragale PDF Livre - Il n'y a qu'un mur entre Anne et la liberté. Elle le saute en pleine nuit se reçoit mal : une douleur fulgurante transperce sa cheville elle vient d'en briser un os au nom mélodieux : l'astragale. Le premier bon Samaritain qui passe n'ose pas l'emmener : le haut mur est celui d'une prison et Anne est une « mineure en cavale »; mais il fait signe à un autre automobiliste et ce Samaritain-là comprend très bien. julien est du même bord qu'Anne. Il s'occupera de to...
Les détails de L'astragale
| Le Titre Du Livre | L'astragale |
| Auteur | Albertine Sarrazin |
| ISBN-10 | B0000DT94B |
| Date de publication | 30/11/-1 |
| Livres Format | eBook PDF ePub |
| Catégories | Lésions et blessures |
| Mots clés | L'astragale |
| Évaluation des clients | 3.63 étoiles sur 5 de 327 Commentaires client |
| Nom de fichier | l-astragale.pdf |
| Taille du fichier | 24.18 MB (la vitesse du serveur actuel est 25.96 Mbps |
J'ai découvert Albertine Sarrazin dans l'excellent documentaire « Elles ont réalisé leur rêve : 50 portraits de femmes célèbres » de Philippe Godard et Jo Witek. Celui d'Albertine m'a tellement intrigué qu'il m'a donné envie de lire son autobiographie. Cependant j'ai au départ été déstabilisée par le style à la fois abrupt et poétique mélange de sensations et de descriptions de récit présent et passé. On sent à travers sa façon d'écrire qu'Albertine (rebaptisée Anne) est une jeune femme sauvage entière spontanée et toute en contradiction aussi.Son texte démarre par son impressionnant saut de dix mètres et la cavale qui s'ensuit. A partir de là s'enchevêtrent ses sentiments naissants pour Julien son sauveur la douleur liée à sa fracture les planques et les souvenirs de prison. En prison Anne a l'impression de toujours y être immobilisée à cause de son pied dépendante de ceux qui la cachent : « Ma liberté neuve m'emprisonne » « Depuis mon évasion je n'ai été que « le colis ». Car la blessure bien plus grave que ce qu'elle imaginait nécessitera des soins à l'hôpital des opérations même et la fera souffrir toute sa vie : « Ma jambe n'est plus la demi-base sûre de mon équilibre chaque pas est un simulacre une chute rectifiée ; que je cesse de penser à ma démarche et aussitôt je me surprends à clopiner et à poser le pied de travers. »Heureusement il y a Julien qui « meuble ma douleur et ma désoeuvre ». Il a fait de la prison lui aussi alors il la comprend peut tout entendre. On comprend à demi-mots – car il faut souvent deviner lire entre les lignes décoder l'argot - qu'Anne y a eu des aventures homosexuelles (« Je goûte encore les femmes ») avec Rolande avec Cine ? Mais Julien est le grand amour de sa vie « nous allons l'un vers l'autre par des voies étranges... » « le fil tissé de lui à moi dès la nuit des arbres noirs irait se consolidant et se lovant lui moi lui moi... Eh non ! La vie saurait bien le cisailler ce fil comme les autres ». En effet rien n'est simple Julien doit gagner sa vie la plupart du temps en volant il s'absente souvent la laissant en tête avec tête avec ceux qui la cachent (« Annie et moi : deux femmes privées d'amour et de splendeur »). Anne tire le temps le temps de revoir Julien consciente d'être un poids pour lui (« Je vais boiter et toi tu vas être la béquille d'une fille estropiée »). Mais c'est plus fort qu'elle « j'ai mis un pied – bloqué- dans la vie d'un voyou et tout m'y surprend tout m'y intrigue... ».Alors même si la jeune femme a parfois « le regret d'avoir changé de prison » elle patiente avec ses « compagnons d'apéritif » noyant son ennui dans l'alcool et les cigarettes ne craignant « vraiment que la poulaille n'ayant pas le moindre papier à lui présenter en cas de rafle ». Consciente que « la route est pure et âpre comme un désert » elle garde « pour lui intact le peu d'amour dont je suis capable ». Et quand il revient toujours à l'improviste seulement pour « un îlot de temps » c'est frustrant frustrant ! « Ce Julien maudit cette vie de maudite maudite vie que je bénis quand même »... Alors « j'apprends chaque détail chaque grain rose ou brun pour m'en souvenir et m'en faire forte jusqu'au prochain bonheur : une soirée une nuit voilà mes bonheurs deux ou trois fois par mois. le reste du temps c'est la tâche la corvée la peur diffuse. » Au fil des chapitres elle nous devient attachante avec ses doutes et ses coups de tête entre espoir et découragement. On suit l'avancée de sa pénible guérison ses bouffées d'échappées dans Paris la prostitution pour gagner l'argent nécessaire à une vraie vie de couple : « Ah ! reprend Julien je ne sais pas par où nous irons tous les deux mais nous irons loin longtemps... » « puisque demain c'est nous ! ».C'est beau à lire et à imaginer. Même si l'on sait que la réalité ne sera pas si heureuse : « Julien (…) arrêté une fois encore... » et ils le seront par la suite plusieurs fois l'un et l'autre se croisant sans décroiser leurs sentiments le long de sa courte vie à elle... Elle l'aura cependant vécue intensément concentrée sur cet amour fou - « je réalise la douloureuse consistance d'aimer et je suis folle de peine... » + Lire la suite
Albertine Sarrazin fut la première écrivaine française à parler de prison de cavale et de prostitution dans ses romans. C'est sa vie – sans doute romancée parfois – qu'elle nous raconte dans ce premier roman.Incarcérée à 18 ans en 1955 pour un hold-up manqué Anne s'évade en sautant le mur de la prison deux ans plus tard. Elle se brise l'astragale petit os du pied. Incapable de marcher elle rampe jusqu'à la route et rencontre l'amour de sa vie Julien Sarrazin également en cavale. C'est ainsi que débute le récit. Il se déroulera sur plus d'un an de planques en planques (fournies par Julien chez sa famille chez des amis) de l'opération à la guérison (Albertine boitera toujours) jusqu'à ce qu'elle soit arrêtée de nouveau.Albertine Sarrazin nous entraîne dans les années 50. On côtoie les ouvriers on rencontre les truands et les prostituées de Paris et de province.Albertine écrit avec vigueur avec rage. Elle est prenante et fascinante. Elle narre sa vie scandaleuse avec une écriture fluide magnifique : vocabulaire argotique et passages poétiques sont entremêlés le ton est parfois brouillon et oral mais aussi bourré de pépites.Elle est impertinente elle est directe. Elle prend la vie avec un optimisme rageur parce qu'il faut avancer parce qu'hier est mort et que nous sommes vivants. La cavale plutôt que la prison au risque d'être prise. Elle exprime sa frustration d'être clouée au lit avec un pied bloqué alors qu'elle est faite pour courir et sauter. Elle se prostitue et vole l'un de ses clients pour aider Julien comme il l'a aidée lorsqu'il est emprisonné pour vivre heureuse avec lui.Faut-il mieux vivre cinq minutes intensément ou passer toute une vie à s'ennuyer ? Albertine n'hésite pas et choisit la vie passionnée.Elle ne cherche pas à émouvoir. Je n'ai pas eu l'impression en tout cas qu'elle souhaitait qu'on la prenne en pitié. Elle connaissait les risques de la vie qu'elle menait (les délits la prison la cavale) mais ne cherchait pas forcément à les éviter. Certes elle aimait passionnément Julien et voulait s'installer avec lui mais elle ne pleure pas lorsque leurs projets sont remis à plus tard. Lorsqu'elle se fait arrêter alors qu'elle devait s'enfuir de Paris avec Julien ce n'est pas un ton geignard qu'elle prend. Elle est lucide pragmatique mais elle reste optimiste. + Lire la suite
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